Aïd El-Fitr: des traditions qui résistent à la déferlante technologique
ALGER - A l'occasion de l’Aïd El-Fitr, les Algériens renouent avec les traditions et coutumes, qui constituent l’un des aspects authentiques du patrimoine culturel et religieux accompagnant les familles des siècles durant, quand bien même ces pratiques ont pris une nouvelle forme sous l’effet des mutations socioéconomiques et de la déferlante technologique. Avec la démocratisation des applications technologiques et leur facilité d'usage, de nombreuses coutumes qui caractérisaient autrefois la fête de l’Aïd El-Fitr ont perdu du terrain. Désormais, WhatsApp, Messenger et autres applications supplantent les visites familiales, jadis essentielles pour renforcer les liens. Aujourd’hui encore, beaucoup de gens se contentent d’un simple message écrit ou vocal pour transmettre les vœux contrairement à autrefois où les maisons ne désemplissaient pas de visiteurs tout au long de l'Aïd. Même l’achat des vêtements de l’Aïd, source de joie pour les enfants, n'échappe pas à cette tendance, car de plus en plus de parents préfèrent désormais faire leurs emplettes en ligne, invoquant le manque de temps. Les gâteaux de l’Aïd subissent également les effets de cette transformation technologique. Alors que la préparation des gâteaux était incontournable dans les foyers, nombres de femmes optent aujourd’hui pour des commandes auprès d'artisanes qui exposent leurs créations sur les réseaux sociaux. Commentant cette transformation, le chercheur en sociologie à l’Université d’Alger 2 (Bouzareah), Abdelkarim Hamzaoui, estime que l’accélération numérique "a bouleversé la communication interpersonnelle", aussi bien lors des fêtes religieuses que dans la vie quotidienne. Selon lui, l’évolution des médias numériques a conduit à "une nouvelle forme dans les relations humaines, fondées sur la rapidité", ce qui constitue à la fois "un avantage et un inconvénient". Bien qu’elles facilitent les échanges, ces technologies ont également conduit à une baisse des contacts directs et des liens sociaux. Face à cette situation, le sociologue insiste sur la nécessité "d'inculquer aux jeunes générations les valeurs de solidarité", en préservant ces occasions religieuses marquées par les visites familiales et la visite des malades. Traditions de l’Aïd : un héritage transmis de génération en génération Toutefois, certaines familles restent attachées aux traditions ancestrales en veillant à les transmettre aux générations futures, malgré les facilités offertes par les moyens de communication modernes. Pour Mme Nabila, ces fêtes sont avant tout une occasion pour "raffermir les valeurs de cohésion". C'est pourquoi, a-t-elle dit, elle passe, depuis des années, l'Aïd El-Fitr dans son village natal à Tizi Ouzou, entourée de ses proches. Pour immortaliser ce moment, elle veille à prendre une photo de famille, un souvenir qu'elle partage avec ses proches vivant à l'étranger. De son côté, Mme Sara perpétue les traditions héritées de sa famille, notamment la préparation des gâteaux traditionnelles de l'Aïd. "Rien ne remplace l'odeur envoûtante des gâteaux cuits dans les foyers algériens", a-t-elle dit. Elle préfère également accompagner ses deux filles dans les magasins pour choisir leurs tenues de l'Aïd, plutôt que de recourir aux achats en ligne. Pour Mme Selma, elle aussi très attachée aux traditions, les visites familiales ne sont pas négociables, les deuxième et troisième jours de l'Aïd étant consacrés aux retrouvailles avec les frères et sœurs résidant dans les wilayas de Médéa et Blida. Evoquant les souvenirs d'antan, elle se remémore lorsque son père l'emmenait, en compagnie de ses frères et sœurs, prendre des photos souvenirs devant la statue de l'Emir Abdelkader ou la fontaine de la Place 1er Mai. A l’époque, un photographe ambulant proposait ses services aux passants, qui obtenaient en quelque minutes des photos en couleur, se souvient-elle. Un propriétaire de studio photo de la rue Mohamed Belouizdad assure que, malgré tous les outils technologiques permettant de prendre aisément des photos, plusieurs parents continuent encore aujourd'hui d'emmener leurs enfants chez le photographe pour immortaliser ces instants de fête par des photos professionnelles à garder dans les albums de famille.


ALGER - A l'occasion de l’Aïd El-Fitr, les Algériens renouent avec les traditions et coutumes, qui constituent l’un des aspects authentiques du patrimoine culturel et religieux accompagnant les familles des siècles durant, quand bien même ces pratiques ont pris une nouvelle forme sous l’effet des mutations socioéconomiques et de la déferlante technologique.
Avec la démocratisation des applications technologiques et leur facilité d'usage, de nombreuses coutumes qui caractérisaient autrefois la fête de l’Aïd El-Fitr ont perdu du terrain. Désormais, WhatsApp, Messenger et autres applications supplantent les visites familiales, jadis essentielles pour renforcer les liens.
Aujourd’hui encore, beaucoup de gens se contentent d’un simple message écrit ou vocal pour transmettre les vœux contrairement à autrefois où les maisons ne désemplissaient pas de visiteurs tout au long de l'Aïd.
Même l’achat des vêtements de l’Aïd, source de joie pour les enfants, n'échappe pas à cette tendance, car de plus en plus de parents préfèrent désormais faire leurs emplettes en ligne, invoquant le manque de temps.
Les gâteaux de l’Aïd subissent également les effets de cette transformation technologique. Alors que la préparation des gâteaux était incontournable dans les foyers, nombres de femmes optent aujourd’hui pour des commandes auprès d'artisanes qui exposent leurs créations sur les réseaux sociaux.
Commentant cette transformation, le chercheur en sociologie à l’Université d’Alger 2 (Bouzareah), Abdelkarim Hamzaoui, estime que l’accélération numérique "a bouleversé la communication interpersonnelle", aussi bien lors des fêtes religieuses que dans la vie quotidienne.
Selon lui, l’évolution des médias numériques a conduit à "une nouvelle forme dans les relations humaines, fondées sur la rapidité", ce qui constitue à la fois "un avantage et un inconvénient". Bien qu’elles facilitent les échanges, ces technologies ont également conduit à une baisse des contacts directs et des liens sociaux.
Face à cette situation, le sociologue insiste sur la nécessité "d'inculquer aux jeunes générations les valeurs de solidarité", en préservant ces occasions religieuses marquées par les visites familiales et la visite des malades.
Traditions de l’Aïd : un héritage transmis de génération en génération
Toutefois, certaines familles restent attachées aux traditions ancestrales en veillant à les transmettre aux générations futures, malgré les facilités offertes par les moyens de communication modernes.
Pour Mme Nabila, ces fêtes sont avant tout une occasion pour "raffermir les valeurs de cohésion". C'est pourquoi, a-t-elle dit, elle passe, depuis des années, l'Aïd El-Fitr dans son village natal à Tizi Ouzou, entourée de ses proches.
Pour immortaliser ce moment, elle veille à prendre une photo de famille, un souvenir qu'elle partage avec ses proches vivant à l'étranger.
De son côté, Mme Sara perpétue les traditions héritées de sa famille, notamment la préparation des gâteaux traditionnelles de l'Aïd. "Rien ne remplace l'odeur envoûtante des gâteaux cuits dans les foyers algériens", a-t-elle dit.
Elle préfère également accompagner ses deux filles dans les magasins pour choisir leurs tenues de l'Aïd, plutôt que de recourir aux achats en ligne.
Pour Mme Selma, elle aussi très attachée aux traditions, les visites familiales ne sont pas négociables, les deuxième et troisième jours de l'Aïd étant consacrés aux retrouvailles avec les frères et sœurs résidant dans les wilayas de Médéa et Blida.
Evoquant les souvenirs d'antan, elle se remémore lorsque son père l'emmenait, en compagnie de ses frères et sœurs, prendre des photos souvenirs devant la statue de l'Emir Abdelkader ou la fontaine de la Place 1er Mai.
A l’époque, un photographe ambulant proposait ses services aux passants, qui obtenaient en quelque minutes des photos en couleur, se souvient-elle.
Un propriétaire de studio photo de la rue Mohamed Belouizdad assure que, malgré tous les outils technologiques permettant de prendre aisément des photos, plusieurs parents continuent encore aujourd'hui d'emmener leurs enfants chez le photographe pour immortaliser ces instants de fête par des photos professionnelles à garder dans les albums de famille.