Allocation touristique de 750 euros : État des lieux à travers six wilayas de l’Est

Depuis son lancement le 20 juillet, l’allocation touristique de 750 euros entraîne une forte activité dans les banques à travers les wilayas. Entre pression sur les guichets et organisation des dossiers, le dispositif illustre les efforts des établissements pour répondre aux demandes dans de bonnes conditions. Un « quota » de 30 dossiers par jour à Annaba […] The post Allocation touristique de 750 euros : État des lieux à travers six wilayas de l’Est first appeared on L'Est Républicain.

Août 29, 2025 - 14:15
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Allocation touristique de 750 euros : État des lieux à travers six wilayas de l’Est

Depuis son lancement le 20 juillet, l’allocation touristique de 750 euros entraîne une forte activité dans les banques à travers les wilayas. Entre pression sur les guichets et organisation des dossiers, le dispositif illustre les efforts des établissements pour répondre aux demandes dans de bonnes conditions.

Un « quota » de 30 dossiers par jour à Annaba

À Annaba, plusieurs citoyens en partance vers l’étranger affirment ne pas avoir pu bénéficier de l’allocation touristique de 750 euros, pourtant en vigueur depuis le 20 juillet. À leur grande surprise, la réponse donnée par les banques s’est résumée en une formule : « Nous avons atteint le quota ». Une explication qui a alimenté rapidement rumeurs et inquiétudes : certains voyageurs ont cru que les banques de la wilaya étaient déjà à court de devises. Or, il n’en est rien. « Les devises existent, mais c’est le temps qui manque », précisent les responsables bancaires contactés. En réalité, la procédure de traitement de ces dossiers est lourde et chronophage. Chaque demande mobilise six employés, qui doivent vérifier et valider plusieurs étapes administratives tout en continuant à assumer leurs autres fonctions au sein de l’agence. Résultat : il faut en moyenne quinze minutes pour traiter un dossier, soit quatre par heure. La majorité des banques ne dépassent donc pas la barre des trente dossiers traités quotidiennement. À cela s’ajoute la complexité des dossiers familiaux, notamment lorsqu’ils concernent des enfants, qui exigent un temps de vérification plus long. C’est pourquoi, dès 10 heures du matin, les banques annoncent souvent que le « quota est atteint », ce qui signifie simplement qu’elles ont déjà en main le nombre maximum de demandes pouvant être traitées avant la fermeture, fixée à 15h30. Les demandeurs sont ainsi encouragés à se présenter dès l’ouverture, pour espérer figurer parmi les 30 premiers dossiers acceptés de la journée. Les banques admettent que ce système n’est que provisoire. Elles estiment que la mise en place d’un service dédié exclusivement à l’allocation touristique s’avère indispensable afin d’améliorer la prise en charge et d’augmenter la capacité de traitement quotidienne.

Soufiane Sadouki

Une marée humaine dans les agences à Souk-Ahras

Depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle allocation touristique, l’effervescence est palpable dans la ville de Souk-Ahras. Chaque jour, des dizaines de citoyens affluent vers les agences bancaires pour constituer leurs dossiers. Mais c’est surtout l’agence locale de la Banque d’Algérie qui concentre toutes les attentes et… toutes les pressions. Dès les premières heures de la matinée, de longues files d’attente se forment. Le spectacle est devenu quotidien : couloirs bondés, citoyens fatigués, dossiers en main, guettant leur tour patiemment, mais aussi avec appréhension. Selon les informations recueillies sur place, l’agence locale de la Banque d’Algérie traite en moyenne 90 dossiers par jour, soit presque le double de la charge supportée par les autres banques publiques de la ville, qui ne dépassent pas 40 à 50 dossiers quotidiens. « C’est une véritable marée humaine », confie un agent rencontré sur place. « Nous sommes mobilisés sans relâche et faisons de notre mieux, mais la demande dépasse largement nos capacités », se plaint notre interlocuteur, en rappelant que la banque doit traiter les remboursements de devises que les bénéficiaires n’ont pas pu utiliser pour diverses raisons, en plus de s’acquitter de ses autres missions courantes. Nous apprenons aussi que si la majorité des demandeurs sont originaires de la région, un nombre croissant de citoyens viennent désormais d’autres wilayas pour obtenir le fameux récépissé. « J’ai fait le trajet depuis Tébessa parce que j’ai appris que l’agence ici traitait les dossiers plus vite », explique Abdelbasset, voyageur en partance pour Tunis. Même constat pour des familles venues de Guelma et même d’Annaba, pourtant siège, cette dernière, d’une importante succursale de la Banque d’Algérie. Pour beaucoup de citoyens, l’initiative est une avancée incontestable. Elle leur permet enfin d’accéder à des devises dans un cadre légal, sans dépendre du marché parallèle. « Pour un séjour d’une semaine en Tunisie, 750 euros, c’est déjà une bouffée d’air », affirme cette mère de deux enfants, rencontrée dans la file d’attente. Mais les frustrations sont bien réelles. Certains dénoncent une organisation encore insuffisante et la lourdeur des justificatifs exigés : passeport valide, billet de transport, assurance voyage, et parfois visa selon la destination. Pour ce qui est des voyages en direction de la Tunisie voisine, il est exigé un droit de passage individuel, qu’il faut payer au centre de proximité des impôts. « Le dossier est lourd, et le temps joue contre nous quand la date du voyage approche », regrette Samira, étudiante. Dans cette région où le tourisme vers la Tunisie représente une pratique courante, la nouvelle allocation stimule non seulement les départs, mais pourrait aussi renforcer les échanges commerciaux et touristiques transfrontaliers. Les hôteliers, transporteurs et commerçants de la capitale de la wilaya connaissent un regain d’activité. Du côté tunisien, les professionnels du secteur touristique se féliciteraient de cette mesure, qui pourrait redynamiser l’afflux de visiteurs algériens comme en témoignent les journaux de ce pays. Face à cet engouement, des voix s’élèvent pour réclamer un renforcement du personnel bancaire et une meilleure coordination entre agences afin d’éviter les engorgements observés dans l’antenne de la Banque d’Algérie. Les pouvoirs publics envisagent même de pré-enregistrer leur demande via une plateforme numérique avant de se présenter physiquement pour validation, sinon, apprend-on, d’ouvrir des guichets temporaires dans les postes frontaliers pour fluidifier la distribution des devises le jour du départ.

Ahmed Allia

À Biskra, on ne se bouscule pas au portillon

Les banques de Biskra qui proposent à leurs clients de bénéficier de l’allocation touristique annuelle pour un voyage à l’étranger ne sont aucunement prises d’assaut ces jours-ci, constate-t-on. Après un rush des demandeurs relevé dès son entrée en vigueur au mois de juillet, la pression est vite retombée. Les guichets des institutions financières s’occupant de cette prestation financière accueillent de six à quinze postulants seulement par jour. « Cela constitue une performance en deçà de nos prévisions et capacités de financement de cette opération de change », a-t-on appris d’une source bancaire. « Il y a trois semaines, je me suis adressé à la BNA pour demander cette allocation touristique afin d’effectuer une Omra avec mon épouse. Tout s’est très bien passé, sans aucune anicroche, et avec un accueil parfait des employés de cette banque », témoigne un quinquagénaire. « Je devais aller passer quelques jours à Lisbonne avec ma famille. Cette allocation est tombée à point nommé. Alors que je m’attendais à être soumis à un parcours du combattant, j’ai été agréablement surpris de la facilité de l’opération et de la déférence et du sérieux des guichetiers du CPA », a ajouté un professeur à l’université Mohamed Khider de Biskra. « Nous sommes à l’écoute et au service de tous nos clients, lesquels, il est vrai, ne se bousculent pas au portillon en cette fin de congé estival », a souligné Yahia Mondher Berbache, guichetier à la Société Générale.

Hafedh Moussaoui    

Les dossiers traités sans encombre à Constantine

Depuis le 20 juillet, la nouvelle allocation touristique est versée de manière fluide dans les agences bancaires de Constantine. Les banques publiques agréées, ainsi que deux établissements privés, assurent le traitement des demandes sans difficulté majeure. Selon un responsable bancaire, les démarches restent simples pour les citoyens. Pour bénéficier de l’allocation, il suffit de présenter un billet aller-retour ou un justificatif de la taxe sur les voyages aériens. Pour les déplacements terrestres, notamment vers la Tunisie, les voyageurs doivent fournir un reçu de paiement de la taxe sur le carburant, un passeport en cours de validité accompagné de sa copie, ainsi qu’une copie du visa si nécessaire. Un obstacle persiste pour certains voyageurs franchissant les frontières terrestres sans véhicule personnel. Ceux qui utilisent des taxis collectifs ou des transporteurs informels se heurtent à l’obligation pour ces derniers de s’acquitter de la taxe sur le carburant pour chaque passager, une procédure jugée lourde et génératrice de retards dans la constitution des dossiers. Selon les banques, cette contrainte constitue le principal point de blocage. Les agences enregistrent une forte affluence le mardi, jour privilégié par les voyageurs planifiant leur départ pour la fin de semaine. Le traitement des demandes implique la vérification des pièces, la saisie des informations dans le système et la transmission des dossiers à la Banque d’Algérie, qui procède ensuite au versement effectif de l’allocation.

Rafik S.

Rapidité et sérénité à Ain M’lila

À Ain M’lila, les procédures liées à la nouvelle allocation touristique se déroulent normalement, assurent les agents bancaires, même si certains citoyens manquent d’information et que des lenteurs techniques sont parfois constatées. À la banque CPA d’Aïn M’lila, Ghani, cadre de l’institution, explique que les procédures se déroulent globalement bien, avec un accueil satisfaisant des citoyens. Selon lui, cinq à huit dossiers sont traités chaque jour. Il pointe toutefois certains obstacles : « Le problème principal vient parfois du système informatique, mais surtout du manque d’information des citoyens. Beaucoup ne respectent pas les délais : ils doivent se présenter trois jours avant le départ pour lancer la procédure. Certains ignorent aussi que l’allocation est retirée aux postes frontaliers ou dans les aéroports », précise-t-il. À la banque BADR, Djamel, guichetier, indique que l’opération ne pose aucun problème particulier et que les procédures s’effectuent normalement. La différence majeure tient au volume de dossiers traités : « Nous traitons en moyenne quinze dossiers par jour, parfois avec une surcharge, mais dans l’ensemble, tout se passe correctement », souligne-t-il.

Nasreddine Bakha

Traitement fluide malgré l’affluence à Guelma

Depuis le lancement de la nouvelle allocation touristique de 750 euros, les agences bancaires de Guelma – CNEP, BNA, BEA, CPA et BA – assurent un traitement fluide des demandes des clients. Les responsables précisent que leur rôle se limite au traitement des documents de voyage et au règlement de la contre-valeur en dinars, l’équivalent en devises étant récupéré directement aux points de sortie du territoire national, tels que les postes frontaliers, ports et aéroports. Aucun problème majeur n’a été signalé jusqu’ici, à l’exception des encombrements ponctuels lors des périodes de forte affluence, notamment aux postes frontaliers d’Oum Teboul (El Tarf) et de Heddada (Souk-Ahras). Un responsable bancaire, qui a souhaité garder l’anonymat, a affirmé qu’aucun « retour » négatif n’a été enregistré depuis le début de l’opération. À certains moments, son établissement a réalisé jusqu’à 3.000 vérifications, avec des agents assurant une permanence continue afin de répondre dans des délais raisonnables aux demandes des citoyens. Notre interlocuteur a suggéré la généralisation du système de « scan », déjà utilisé dans une banque publique, afin d’optimiser le traitement des dossiers et de réduire les délais.

Hamid Fraga

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