Essais nucléaires français en Algérie : Le monde exige justice pour les victimes
À l’occasion de la Journée internationale contre les essais nucléaires, célébrée le 29 août, une vingtaine d’organisations et associations internationales ont publié un communiqué sans équivoque appelant la France à assumer la pleine responsabilité des conséquences dévastatrices de ses essais nucléaires en Algérie. Ce texte, signé par des associations et des institutions telles que ICAN […] The post Essais nucléaires français en Algérie : Le monde exige justice pour les victimes appeared first on Le Jeune Indépendant.

À l’occasion de la Journée internationale contre les essais nucléaires, célébrée le 29 août, une vingtaine d’organisations et associations internationales ont publié un communiqué sans équivoque appelant la France à assumer la pleine responsabilité des conséquences dévastatrices de ses essais nucléaires en Algérie.
Ce texte, signé par des associations et des institutions telles que ICAN France, Pax Christi Vlaanderen, l’Observatoire des armements, Mines Action Canada et le Bureau International de la Paix (IPB) marque un nouveau jalon dans la lutte pour que la France reconnaisse enfin l’ampleur des souffrances qu’elle a infligées à l’Algérie avec ses essais nucléaires, menés entre 1960 et 1966 dans le Sud algérien.
Plus de six décennies après ces explosions, les victimes sont toujours privées de justice et la France continue de tourner le dos à ses responsabilités, avec une arrogance qui frôle le déni. Les 20 organisations signataires rappellent que ces essais nucléaires ne sont pas qu’un fait historique, mais un « crime humanitaire » qui continue d’empoisonner les vies de milliers d’Algériens.
Ils ont tenu à mettre en avant l’ampleur du drame, rappelant que 17 explosions nucléaires et 40 essais sous-critiques dans le sud de l’Algérie ont laissé derrière elles un héritage de contamination radioactive qui continue d’affecter des milliers de vies. S’insurgeant du fait que « cette tragédie, qui aurait dû faire l’objet d’une réparation bien plus tôt, est aujourd’hui reléguée à un silence injustifiable, alors que les victimes, souvent oubliées, continuent de souffrir des séquelles physiques et psychologiques de ces tests ».
Les associations ont affirmé que les conséquences des essais nucléaires français sont dramatiques. En plus des maladies graves, dont des cancers, des malformations congénitales, des maladies respiratoires chroniques, les populations touchées par la radioactivité subissent une dégradation continue de leurs ressources naturelles et de leurs moyens de subsistance du fait que « les terres sont stériles et les écosystèmes dévastés ». Elles ajoutent que ces impacts sont bien réels et qu’ils perdurent.
Les signataires ont également dénoncé le fait que ces souffrances sont aggravées par l’absence totale de transparence de la part de la France, relevant que le gouvernement français continue de refuser de « révéler les cartes des zones contaminées, de divulguer les archives nucléaires et d’apporter des réponses claires à l’Algérie ». Déplorant un « silence assourdissant » qui perpétue la souffrance et l’injustice, ils précisent que cette demande fait écho à un appel de longue date pour que la France cesse de recourir à des prétextes comme la « sécurité nationale » pour dissimuler la vérité et continuer d’empêcher l’accès à des informations vitales pour la population locale.
L’attitude inacceptable du déni français
Malgré les années et les appels répétés des victimes et des organisations internationales, la France persiste à nier sa responsabilité. Comme le soulignent les organisations signataires, « six décennies se sont écoulées depuis ces explosions », et pourtant, la France n’a toujours pas agi de manière concrète. La Loi Morin, censée indemniser les victimes françaises des essais nucléaires, ne prend en compte aucune victime algérienne, rendant toute compensation pratiquement impossible pour les survivants algériens. Ce refus catégorique de réparation est un affront pour les Algériens, dont la souffrance est ignorée depuis trop longtemps.
Le communiqué des organisations appelle la France à prendre des « mesures concrètes et à assumer ses responsabilités ». Il ne s’agit plus de promesses vides mais d’actions tangibles pour réparer les torts causés. En premier lieu, les signataires exigent la reconnaissance officielle des crimes nucléaires commis en Algérie, ainsi que l’indemnisation des victimes. Ces dernières doivent recevoir une compensation juste et suffisante pour les préjudices qu’elles ont subis, et avoir accès à des soins médicaux appropriés, notamment pour les maladies liées à la radioactivité.
Les organisations appellent également à « la création d’une commission conjointe entre les gouvernements algérien et français, composée de représentants des deux pays, de parlementaires et d’associations de victimes ». Cette commission serait chargée de suivre les conséquences des essais nucléaires sur la santé et l’environnement. Il est « urgemment nécessaire que cette commission supervise également la dépollution des zones contaminées et que la France fournisse à l’Algérie toutes les informations nécessaires pour comprendre l’étendue de la contamination radioactive.
Les signataires ont également mis en avant un point incontournable, celui de l’impératif de la ratification de la France du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN). Une mesure symbolique forte qui démontrerait la volonté de Paris de tourner la page, s’engageant pour un monde débarrassé des armes nucléaires.
En outre, les associations signataires affirment également que la France « ne peut plus se cacher derrière des justifications diplomatiques pour éviter de répondre de ses actes ». Elles assurent que « la justice pour les victimes algériennes ne doit pas être retardée par des « calculs politiques », bien au contraire, elle doit primer sur tout autre considération. « Si la France désire vraiment renouer des relations basées sur le respect mutuel », elle doit commencer par réparer « ce crime nucléaire qu’elle a commis », insistent les signataires. Un crime dont les blessures continuent de saigner au jour d’aujourd’hui.
Ce n’est qu’en prenant des mesures concrètes pour réparer les torts causés que la France pourra espérer tourner la page de ce chapitre sombre de son histoire. Mais pour cela, elle doit d’abord reconnaître son « héritage nucléaire » et les cicatrices profondes laissées sur le peuple algérien, qui refuse de se contenter d’excuses symboliques mais exige réparation et justice.
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