Inéligibilité
La décision de justice en France condamnant Marine Le Pen à une inéligibilité qui ne lui permettrait pas de participer à la prochaine élection présidentielle, pour laquelle elle semble pourtant être la grande favorite, a fait trembler la scène politique française et fait le tour du monde. Une affaire judiciaire qui traîne depuis plus de […]

La décision de justice en France condamnant Marine Le Pen à une inéligibilité qui ne lui permettrait pas de participer à la prochaine élection présidentielle, pour laquelle elle semble pourtant être la grande favorite, a fait trembler la scène politique française et fait le tour du monde. Une affaire judiciaire qui traîne depuis plus de dix ans et qui concerne le scandale des emplois fictifs des assistants parlementaires du Rassemblement National au Parlement européen. De Vladimir Poutine à Donald Trump, les réactions à l’international sont innombrables. Même ces plus grands ennemis en France, les dirigeants de La France Insoumise, ont déclaré préférer battre Marine le Pen dans les urnes plutôt que de la voir mise sur la touche à cause d’une décision de justice. Mais du côté du reste de l’échiquier politique, l’heure est à la jubilation. Toutefois, la tête de proue du Rassemblement National n’est pas prête à accepter son sort et fera appel pour tenter de renverser une décision qu’elle estime être politique. Ce mardi, la cour d’appel de Paris a indiqué avoir été saisie de «trois appels» à ce stade, après les condamnations de Marine Le Pen et du Rassemblement National. Elle «examinera ce dossier dans des délais qui devraient permettre de rendre une décision à l’été 2026». Si ces délais sont tenus, cela voudrait dire que ce deuxième procès se tiendrait au plus tard début 2026, et que la décision serait donc rendue de longs mois avant l’élection présidentielle de 2027, comme l’ont réclamé plusieurs responsables politiques. «La cour d’appel de Paris confirme avoir été saisie ce jour de trois appels formés à l’encontre de la décision rendue le 31 mars 2025 par le tribunal judiciaire de Paris dans l’affaire des assistants parlementaires du Front national. Elle examinera ce dossier dans des délais qui devrait permettre de rendre une décision à l’été 2026», est-il écrit dans un communiqué signé du premier président, Jacques Boulard, et de la procureure générale, Marie-Suzanne Le Quéau. Christophe Soulard, premier président de la Cour de cassation, a qualifié de «très bonne chose» le calendrier annoncé par la cour d’appel de Paris. «Ça veut dire que la justice française est capable de s’adapter, qu’elle est consciente (…) des enjeux des décisions qu’elle rend» et «des conséquences politiques de ses décisions», a déclaré Christophe Soulard, l’un des deux plus hauts magistrats de France. «Loin d’être déconnectée, la justice a tout à fait conscience que, dans certaines circonstances, il faut se donner les moyens de rendre une justice dans le délai adéquat», a ajouté le premier juge du pays. Au total, 24 personnes ont été condamnées dans ce dossier, en plus du parti RN, qui a également fait appel, selon son avocat David Dassa-Le Deist. L’ancien trésorier du parti, Wallerand de Saint-Just, a également fait appel, selon cette même source. Les personnes condamnées ont dix jours au total pour faire appel du jugement. Marine Le Pen, condamnée à cinq ans
d’inéligibilité immédiate dans ce dossier, avait réclamé dès lundi soir un procès en appel au plus vite, «il faut que la justice se hâte», avait-elle déclaré. «Je vais effectivement demander de la manière la plus claire qui soit que la décision d’appel intervienne en me permettant d’envisager une candidature à l’élection présidentielle», avait ajouté la cheffe de file de l’extrême droite. Mardi 1er avril, lors des questions au gouvernement, le ministre Gérald Darmanin a lui dit souhaiter que le procès en appel de Marine Le Pen soit organisé dans le délai «le plus raisonnable possible». «Il appartiendra à la cour d’appel de Paris, parfaitement indépendante dans son organisation, de fixer la date de cet appel», avait-il poursuivi. Celle qui a aujourd’hui une réelle et crédible chance de remporter la course à l’Élysée en 2027 est ainsi évincée pour le moment, laissant une opportunité aux politiques moins populaires d’avoir une chance de victoire. Ceux qui n’auraient eu aucune chance de se retrouver au second tour de la présidentielle se raccrochent ainsi à cette condamnation, y voyant une opportunité inespérée.