Sahara occidental: Staffan de Mistura poursuit sa visite dans les camps de réfugiés sahraouis
L’Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations unies pour le Sahara occidental, Staffan de Mistura, a poursuivi, hier, sa visite dans les camps de réfugiés sahraouis, où il a été reçu par le président sahraoui, Brahim Ghali, et aura des entretiens avec des responsables sahraouis, ainsi que des visites à certaines institutions. Par Anis Y. […]

L’Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations unies pour le Sahara occidental, Staffan de Mistura, a poursuivi, hier, sa visite dans les camps de réfugiés sahraouis, où il a été reçu par le président sahraoui, Brahim Ghali, et aura des entretiens avec des responsables sahraouis, ainsi que des visites à certaines institutions.
Par Anis Y.
La visite de Staffan de Mistura s’est poursuivi, hier, avec au programme «des entretiens politiques avec des membres de la Direction nationale du Front Polisario, la visite de certaines institutions, ainsi que des rencontres avec des femmes sahraouies», selon le représentant du Front Polisario auprès des Nations unies et coordonnateur avec la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso), Sidi Mohamed Omar, cité par l’Agence de presse sahraouie (SPS). La visite de l’Envoyé personnel du Secrétaire général «s’achèvera dans la soirée par des entretiens officiels avec le président de la République sahraouie, Secrétaire général du Front Polisario, Brahim Ghali», a ajouté M. Sidi Mohamed Omar. Staffan de Mistura avait rencontré, vendredi, le membre du Secrétariat national du Front Polisario, ministre des Territoires occupés et de la Diaspora, Mustafa Mohamed Ali Sidi El-Bachir, en présence de Sidi Mohamed Omar, avant de visiter plusieurs institutions de la République sahraouie. Lors de cette rencontre, il a été question des principales préoccupations du peuple sahraoui, notamment son droit à l’autodétermination, qui constitue le principal défi pour les Nations unies aujourd’hui, ainsi que de la situation des détenus sahraouis dans les geôles de l’occupant marocain et la campagne internationale pour leur libération, selon SPS.
Sahara occidental : des experts onusiens «gravement préoccupés» par la répression marocaine des
défenseurs des droits de l’Homme
La Rapporteuse spéciale de l’ONU sur la situation des défenseurs des droits de l’Homme, Mary Lawlor, et d’autres experts des Nations unies ont exprimé leur «grave préoccupation» face à la campagne de répression menée ces derniers mois par les autorités marocaines contre des défenseurs des droits de l’homme, des journalistes et des porte-parole de la contestation au Sahara occidental occupé, «en représailles de leur soutien à l’autodétermination du peuple sahraoui». «Nous exprimons notre grave préoccupation quant à l’intimidation et la surveillance (par les autorités de l’occupation) des défenseurs des droits de l’homme sahraouis, la déportation (…) de quatre jeunes militants syndicaux norvégiens du Sahara occidental, ainsi que les mesures de rétorsion économiques imposées aux membres de la famille des défenseurs des droits de l’homme et aux militants eux-mêmes», ont souligné Mary Lawlor et des experts des Nations unies dans une communication écrite au sujet de la répression marocaine des défenseurs des droits de l’homme au Sahara occidental au cours des derniers mois. «Nous exprimons également notre inquiétude concernant les restrictions à la liberté de mouvement et de réunion imposées (par le Maroc) aux défenseurs des droits de l’homme sahraouis et étrangers», ont-ils poursuivi.
Et d’ajouter dans le même contexte : «Nous sommes également préoccupés par l’effet dissuasif notable que ces mesures sont susceptibles de déclencher sur les défenseurs des droits de l’homme sahraouis de manière plus générale, en entravant leur capacité à exprimer (…) leurs critiques ou à mener à bien leur travail légitime de défense des droits humains». Dans leur communication, les experts onusiens ont précisé que «plusieurs journalistes, défenseurs des droits de l’homme, leaders de la contestation et opposants politiques de premier plan ont fait l’objet d’une répression (marocaine) accumulée ces derniers mois, évidemment en représailles de leur travail en faveur des droits de l’homme, et notamment de leur soutien à l’autodétermination du peuple sahraoui».
Des rapports font état aussi d’une surveillance accumulée et du recours à des tactiques d’intimidation, telles que les menaces et le harcèlement, «pour faire taire» les Sahraouis, selon la même source. «On signale de plus en plus de détentions arbitraires, de répressions violentes de manifestations pacifiques et de restrictions à la liberté d’expression et à la liberté de mouvement contre les défenseurs des droits de l’homme. Les familles des défenseurs des droits de l’homme ont également été visées par les représailles économiques et la perte d’opportunités en matière d’éducation et d’emploi», ont déploré les auteurs de cette communication. Les experts onusiens ont cité, dans leur document, quelques cas de militants et de défenseurs des droits de l’homme au Sahara occidental ayant fait l’objet de répression marocaine, à l’instar des journalistes sahraouis qui défendent les droits du peuple du Sahara occidental, Ahmed Ettanji et Mohamed Mayara. «Le 9 octobre 2024, les forces de sécurité marocaines ont assiégé, menacé d’arrêter et expulsé M. Ahmed Ettanji et M. Mohamed Mayara de la ville de Cap Boujdour, au Sahara occidental, alors qu’ils s’y trouvent pour une visite familiale. A leur arrivée au poste de contrôle local, les deux défenseurs des droits humains ont été retenus par les autorités marocaines, puis relâchés au bout d’une heure». «Lorsque les défenseurs des droits de l’homme sont arrivés au domicile de la famille, ils ont trouvé la police marocaine (…) encerclant l’endroit, les menaçant d’arrestation et exigeant qu’ils quittent immédiatement la maison et la ville», poursuivent-ils. «La famille d’accueil a également fait l’objet d’actes d’intimidation et de menaces de perquisition parce qu’elle hébergeait les défenseurs des droits de l’homme. En conséquence, les défenseurs des droits de l’homme ont dû quitter la ville et ont été contraints de retourner dans Laâyoune» occupée. Par ailleurs, les experts onusiens ont évoqué dans leur communication l’expulsion par les autorités d’occupation marocaines des militants des droits de l’homme. «Le 2 novembre 2024, des défenseurs des droits de l’homme de Norvège ont visité la maison de M. Sidi Mohammed Dadach», défenseur des droits de l’homme, qui s’engage activement pour le peuple du Sahara occidental. Selon les informations reçues, «la maison de M. Dadach a été encerclée par des officiers de police marocains, qui ont ordonné aux militants de préparer leurs affaires à l’hôtel, et leur ont ordonné de quitter le Sahara occidental».
A. Y.