Visées

La possibilité d’une prochaine présidentielle française sans Marine Le Pen pourrait en premier lieu profiter à la droite traditionnelle, qui a été laminée ces dernières années et qui pourrait récupérer une partie de ses électeurs perdus. Surtout si Jordan Bardella, le candidat qui devra probablement prendre la suite de Marine Le Pen, a du mal […]

Avr 5, 2025 - 22:32
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Visées

La possibilité d’une prochaine présidentielle française sans Marine Le Pen pourrait en premier lieu profiter à la droite traditionnelle, qui a été laminée ces dernières années et qui pourrait récupérer une partie de ses électeurs perdus. Surtout si Jordan Bardella, le candidat qui devra probablement prendre la suite de Marine Le Pen, a du mal à assumer le poids d’une telle responsabilité. Pour Les Républicains cela serait ainsi une aubaine inespérée, notamment après la calamité vécue par le parti en 2022, avec 5 % des voix à la dernière présidentielle. Or, deux aspirants candidats commencent d’ores et déjà s’affronter chez les LR pour représenter leur parti en 2027 : Bruno Retailleau et Laurent Wauquiez. Le premier bénéficiant d’une imposante popularité grâce à son poste de ministre de l’Intérieur et du soutien de nombreux cadres de la droite ; quant au second, il a pour lui sa détermination et refuse, pour le moment, d’abandonner ses ambitions. Mais les deux hommes vont d’abord s’affronter ces prochains mois pour ravir le siège du président des Républicains, et pour le moment, le ministre est en tête des sondages. Dans un entretien à l’AFP, Wauquiez s’est dit convaincu qu’il allait remporter la présidence de LR, la tendance étant «en train de s’inverser», selon lui. A sept semaines du congrès des 17 et 18 mai, qui doit désigner le nouveau dirigeant du parti, le député était hier dans son fief pour puiser «l’énergie pour la suite» auprès de quelque 500 sympathisants. «Cela me fait du bien de revenir ici», a-t-il confié, après un meeting où il s’est félicité de «la forte hausse» du nombre d’adhérents dans le département, passé, selon lui, de «200 à 1 400» depuis la mi-février. Il espère atteindre «2 000 adhésions» dans les prochaines semaines. Le vote pour désigner le nouveau chef de LR, après le départ désastreux d’Éric Ciotti, rallié au Rassemblement National, est ouvert aux adhérents qui auront pris leur carte avant le 17 avril. D’ici là, Wauquiez, qui entend avoir effectué un total de 120 déplacements pendant la campagne pour aller à la rencontre des militants au rythme d’un minimum de sept meetings par semaine, multiplie les rencontres, présentées comme «le meilleur côté de la politique avec une forme de vérité et de simplicité, sans calcul ou arrière-pensée». Décrit par un soutien du ministre de l’Intérieur et concurrent de M. Wauquiez à la présidence de LR, Bruno Retailleau, comme quelqu’un qui «refuse habituellement l’obstacle» et par une autre source proche du ministre comme un homme politique qui «se défile dès qu’il y a quelqu’un de fort en face», le député de Haute-Loire ne s’avoue pas vaincu. «Là où il ne faut absolument pas se tromper, c’est que je suis sûr que je vais gagner», a-t-il assuré. «Je ne suis pas du tout dans
l’idée où je me dis que je suis au fond du trou et que je viens me remonter le moral au Puy-en-Velay. Je suis, au contraire, dans un tempérament de conquérant». «Je suis convaincu que l’on est dans une trajectoire où les choses sont en train de se retourner», affirme encore le président des députés LR. Reste à voir si Wauquiez gardera ce même optimisme s’il manque de se faire élire à la tête de son parti, et s’il décidera malgré tout de maintenir ses visées sur l’Élysée, ou s’il décidera, dans ce cas-là, que s’il n’a pas réussi à convaincre ses propres militants, il aura d’autant plus de mal à convaincre le reste des électeurs français de miser sur lui lors des prochaines élections présidentielles.