Espagne: La fête de Buñol, un cri de solidarité avec Gaza
La 80ᵉ édition de la mythique bataille de tomates de Buñol qui s’est tenue n’a pas seulement coloré les rues d’un rouge éclatant. Cette année, au cœur de l’ambiance festive des milliers de participants, un immense drapeau palestinien a été déployé, transformant la fête en un acte de résistance visuelle et politique. Au moment où […] The post Espagne: La fête de Buñol, un cri de solidarité avec Gaza appeared first on Le Jeune Indépendant.

La 80ᵉ édition de la mythique bataille de tomates de Buñol qui s’est tenue n’a pas seulement coloré les rues d’un rouge éclatant. Cette année, au cœur de l’ambiance festive des milliers de participants, un immense drapeau palestinien a été déployé, transformant la fête en un acte de résistance visuelle et politique.
Au moment où plus de 120 tonnes de tomates s’écrasaient contre murs et corps dans une atmosphère de liesse, un collectif de participants a choisi de rappeler une autre réalité, bien plus tragique : les bombardements incessants et les agressions meurtrières menées par l’occupant israélien contre la population de Gaza. À côté du drapeau, une banderole appelant à la fin des violences a été brandie par les participants. L’image, saisissante, a immédiatement circulé à partir du 27 août sur les réseaux sociaux et dans les médias internationaux.
« Nous ne pouvions pas rester silencieux alors que des familles entières sont massacrées sous les bombes », a déclaré une habitante de Buñol ayant participé à l’action. « La Tomatina est un symbole de joie et de communauté, et c’est précisément pour cela que c’est le moment de rappeler la souffrance de la Palestine : la fête doit aussi être un espace de mémoire et de solidarité. »
Soutenue par un parti politique de la gauche locale, l’initiative a trouvé un large écho parmi les festivaliers. Beaucoup y ont vu une manière de briser l’indifférence internationale face à ce que certains décrivent comme un « nettoyage ethnique » mené dans la bande de Gaza. Alors que Buñol célébrait la « Tomaterapia » slogan choisi cette année en hommage à la résilience des habitants frappés par les inondations de 2024 le geste a donné à la fête une dimension profondément humaine et politique.
La Tomatina est née presque par accident. L’histoire raconte qu’en 1945, un jeune garçon tomba d’un char lors d’un défilé et, dans un élan de colère, renversa un étal de légumes sur la place principale. Très vite, les habitants commencèrent à se lancer des tomates, transformant la querelle en une immense bataille improvisée. L’événement fit rire le village et, malgré l’intervention des autorités, il fut répété année après année.
Au fil du temps, la fête a grandi jusqu’à devenir un rendez-vous incontournable : interdite dans les années 1950 par le régime franquiste, elle a été rétablie grâce à la pression populaire. Dans les années 1980, la télévision espagnole en fit un phénomène national, et en 2002 l’État l’a officiellement reconnue comme « Fête d’intérêt touristique international ». Aujourd’hui, près de 20 000 personnes venues du monde entier affluent à Buñol chaque dernier mercredi d’août pour plonger dans un torrent rouge de tomates écrasées.
Les règles de sécurité sont simples mais strictes : les tomates doivent être écrasées avant d’être lancées pour éviter les blessures, il est interdit d’arracher des vêtements ou d’utiliser des objets durs, et les participants doivent rester éloignés des camions qui livrent les tomates. L’événement commence traditionnellement après qu’un participant parvient à décrocher un jambon accroché en haut d’un poteau glissant, et s’achève à la deuxième détonation d’un feu d’artifice.
Jamais en 80 ans d’histoire, la Tomatina n’avait connu un tel symbole de contestation politique. Le contraste est saisissant : d’un côté, la joie collective, la musique assourdissante et les torrents de tomates ; de l’autre, le rappel douloureux qu’à quelques milliers de kilomètres, des civils palestiniens meurent quotidiennement sous les bombardements israéliens.
« C’est un acte simple, mais lourd de sens », a commenté Sergio Galarza, adjoint au maire de Buñol. « Ce drapeau rappelle que la fête n’est pas coupée du monde, et que même dans l’allégresse, il existe une responsabilité morale face aux injustices. »
Lorsque le canon a retenti, signifiant la fin de la bataille, les rues ont rapidement retrouvé leur propreté grâce à l’acidité des tomates. Mais l’image du drapeau palestinien flottant au-dessus de la marée rouge reste imprimée dans les mémoires. Une Tomatina différente, qui, au-delà de l’explosion de couleurs, a offert au monde une puissante déclaration : la solidarité ne connaît ni frontières, ni fêtes, ni saisons.
The post Espagne: La fête de Buñol, un cri de solidarité avec Gaza appeared first on Le Jeune Indépendant.