Dans un discours vigoureux prononcé lors d’une réunion urgente du Conseil de sécurité des Nations unies, le représentant permanent de l’Algérie auprès de l’ONU, Amar Bendjama, a demandé à ce que l’organe exécutif des Nations unies prenne des mesures immédiates pour mettre fin à l’agression israélienne en cours contre la bande de Ghaza. Le diplomate a mis en garde contre les conséquences dramatiques d’une nouvelle paralysie
du Conseil, soulignant que son incapacité à agir entraînerait une perte irréversible de sa légitimité.
Par Meriem B.
Répondant à l’appel d’Alger, qui avait convoqué cette réunion en raison de la gravité de la situation à Ghaza, Bendjama a insisté sur la nécessité impérieuse de garantir l’exécution des résolutions onusiennes, et en particulier la résolution 2735, afin d’arrêter les massacres et les violations des droits humains perpétrés par l’armée israélienne. «Le Conseil de sécurité doit se prononcer clairement et fermement. Si ce dernier échoue à agir, il perdra toute autorité et ne sera plus respecté par la communauté internationale», a-t-il déclaré. Depuis le 7 octobre 2023, Ghaza est plongée dans un cycle infernal de violence, marqué par des bombardements incessants, des destructions massives et une tragédie humanitaire sans précédent. Bendjama a dénoncé les exactions israéliennes qui ne se limitent pas aux frappes aériennes, mais incluent également l’assassinat ciblé de travailleurs humanitaires, de journalistes et de personnels médicaux. «Les habitants de Ghaza sont soumis à une guerre d’extermination, et le monde regarde ce génocide en temps réel, dans un silence assourdissant», a-t-il ajouté. Les chiffres des victimes sont accablants. Selon les dernières estimations, plus de 17 000 enfants ont été tués, en plus de 400 travailleurs humanitaires, 209 journalistes et plus de 1 000 personnels médicaux. «Ces vies perdues doivent être honorées par la justice», a insisté l’ambassadeur algérien, évoquant les souffrances quotidiennes des civils piégés dans l’enclave assiégée. Le diplomate a particulièrement souligné la responsabilité du Conseil de sécurité de prendre des mesures concrètes face à cette crise. Il a dénoncé l’incapacité de l’organe à prendre des décisions fermes, malgré l’ampleur de la tragédie qui frappe Ghaza. «Le Conseil de sécurité ne peut pas continuer à rester passif, à regarder ce massacre sans agir. Si l’ONU ne fait rien, elle perdra toute autorité et deviendra une instance sans pouvoir réel», a averti l’ambassadeur algérien. L’Algérie, en tant que membre actif du mouvement des non-alignés et défenseur des droits des peuples opprimés, a exprimé sa profonde inquiétude quant à la lenteur et à l’indécision du Conseil de sécurité, qui a été largement critiqué pour son incapacité à mettre en œuvre des résolutions visant à protéger la population palestinienne.
Appel à une réponse internationale
Au-delà de l’ONU, l’Algérie a également insisté sur l’importance d’une réponse internationale coordonnée pour mettre un terme à l’occupation israélienne de Ghaza. «Ce qui se passe à Ghaza est un acte de terreur organisé, et la communauté internationale doit se lever pour mettre un terme à ce cycle de violence», a martelé Bendjama, appelant à un soutien massif aux populations civiles et à l’intensification des efforts humanitaires. Dans un contexte où l’accès à l’aide humanitaire reste extrêmement restreint en raison du siège imposé par Israël, l’Algérie a réitéré son appel à lever les restrictions et à permettre l’acheminement de l’aide aux victimes de l’agression. Face à l’impasse diplomatique et à la montée en puissance de la violence à Ghaza, l’Algérie appelle avec insistance à une action immédiate et décisive du Conseil de sécurité de l’ONU. La situation à Ghaza continue de se dégrader, et la communauté internationale se trouve à un tournant décisif : agir pour stopper l’agression israélienne et garantir la protection des civils, ou assister, dans l’inaction, à l’effondrement de toute autorité morale et politique de l’ONU. L’Algérie avait appelé, mercredi, à l’ouverture d’une enquête indépendante sur les crimes commis par l’entité sioniste à Ghaza contre les travailleurs humanitaires, tout en plaidant pour la mise en place d’un mécanisme forçant les auteurs de ces crimes à rendre des comptes. Amar Bendjama, qui intervenait à une réunion au Conseil de sécurité consacrée à la protection des civils et des travailleurs humanitaires durant les conflits armés, a insisté sur «la nécessité de mener des investigations indépendantes et la reddition de comptes», notant que les personnels humanitaires relevant de l’ONU étaient systématiquement ciblés par l’occupation sioniste à Ghaza.
M. B.