Tarifs de Donald Trump: quel impact sur l’Algérie

L’Algérie n’est pas épargnée par la décision de Donald Trump, président des Etats-Unis d’Amérique, d’imposer une hausse significative des droits de douane sur toutes les importations du pays. La taxe sur les produits algériens est passée à 30 %, alors qu’elle était de 18,9 %. Quel impact sur la balance commerciale algérienne ? Faut-il s’attendre à une […] The post Tarifs de Donald Trump: quel impact sur l’Algérie appeared first on Le Jeune Indépendant.

Avr 5, 2025 - 03:05
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Tarifs de Donald Trump: quel impact sur l’Algérie

L’Algérie n’est pas épargnée par la décision de Donald Trump, président des Etats-Unis d’Amérique, d’imposer une hausse significative des droits de douane sur toutes les importations du pays. La taxe sur les produits algériens est passée à 30 %, alors qu’elle était de 18,9 %. Quel impact sur la balance commerciale algérienne ? Faut-il s’attendre à une réaction algérienne au moment où les pays concernés par cette mesure entendent riposter en imposant des droits de douanes similaires sur les produits américains ?

Pour le professeur d’économie et de commerce Brahim Guendouzi, il n’y aura pas de « retombées fondamentales » sur l’économie algérienne, compte tenu du volume des exportations du pays vers le marché américain. « Le montant de nos exportations vers les Etats-Unis n’est pas très élevé. C’est vers le marché européen que nous exportons le plus », a-t-il indiqué dans sa déclaration au Jeune Indépendant, notant que l’Algérie exporte essentiellement vers le marché américain du pétrole brut, des produits agroalimentaires et des produits sidérurgiques.

L’impact sera cependant ressenti dans le cas où le marché pétrolier réagit à ces nouveaux tarifs douaniers. « Si le marché pétrolier réagit, avec une baisse des prix, il y aura un manque à gagner pour l’Algérie », a estimé M. Guendouzi, signalant de ce fait les répercussions sur la balance commerciale de l’Algérie.

D’autres produits, une soixantaine, sont également exportés vers les Etats-Unis. Ils seront, par conséquent, concernés par cette nouvelle taxe, à l’instar des barres de fer forgées, des engrais azotés et des ciments, en sus d’une large gamme de produits agricoles et agroalimentaires.

Interrogé sur une possible réaction de l’Algérie et une éventuelle application de la règle de réciprocité, le professeur d’économie estime que l’Algérie « ne risque pas de faire de la réciprocité », signalant le fait que l’Amérique ne figure pas parmi les importants fournisseurs de l’Algérie. « Notre premier fournisseur c’est la Chine et les pays européens, principalement la France, l’Italie et l’Espagne », a-t-il précisé, affirmant que dans le cas où la surtaxe de 30 % imposée par le président Trump s’avère contraignante, l’Algérie peut simplement changer de fournisseurs.

Selon les chiffres de l’Office national des statistiques (ONS), les échanges commerciaux entre les deux pays se sont élevés à 3,5 milliards de dollars en 2024, année où l’Algérie a exporté vers les États-Unis un montant de près de 2,5 milliards de dollars de biens et a importé pour 1 milliard de dollars. En 2023, les exportations algériennes vers ce pays étaient de 3,09 milliards de dollars et les importations de 1,43 milliard de dollars.

Protectionnisme

L’Algérie figure donc sur cette liste des pays touchés par cette hausse significative des droits de douane imposée à plus de 180 pays, laquelle a été publiée le 2 avril, marquant ainsi un nouveau tournant pour le commerce international.

Pour M. Guendouzi, cette mesure illustre la politique de protectionnisme de Donald Trump, paradoxalement au fait que les Etats-Unis soient les champions du libre-échange. Selon lui, cette décision est unilatérale, sachant que le calcul des droits de douane se négocie au niveau de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).  

Le seul souci du président américain c’est d’inciter les Américains à acheter et à consommer les produits américains afin de protéger de l’économie américaine. C’est aussi, selon le professeur en économie, un appel aux entreprises américaines et étrangères à investir aux Etats-Unis d’Amérique, d’autant, a-t-il expliqué, que plusieurs secteurs ont perdu leur compétitivité.    

L’objectif est donc de redonner une nouvelle dynamique commerciale en remettant en cause le schéma de la mondialisation qui, selon le Président Trump, a « profité à d’autres pays qu’aux Etats-Unis », a encore expliqué M. Guendouzi.

Les pays exportateurs vers le marché américain, considéré comme le premier importateur de marchandises et services, ont exprimé leur mécontentement en menant une contre-attaque. C’est le cas de la Chine qui va imposer à son tour, à partir du 10 avril, des droits de douane de 34 % sur tous les produits importés des Etats-Unis. La Chine compte également saisir l’OMC.

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