Sahara occidental: Paris a-t-elle nuancé sa position ?

La France a-t-elle vraiment nuancée sa position par rapport à la question sahraouie, objet de la brouille actuelle avec l’Algérie ? Les clarifications apportées dernièrement par le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, devant le Parlement français, ne permettent pas de le dire franchement. Mais pour les observateurs, bien qu’il ne s’agit point de […] The post Sahara occidental: Paris a-t-elle nuancé sa position ? appeared first on Le Jeune Indépendant.

Avr 4, 2025 - 17:58
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Sahara occidental:  Paris a-t-elle nuancé sa position ?

La France a-t-elle vraiment nuancée sa position par rapport à la question sahraouie, objet de la brouille actuelle avec l’Algérie ? Les clarifications apportées dernièrement par le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, devant le Parlement français, ne permettent pas de le dire franchement.

Mais pour les observateurs, bien qu’il ne s’agit point de revirement, il semble bien qu’il y a une petite nuance par rapport à la position exprimée par le président français Emmanuel Macron en juillet 2024, quand il a informé le roi du Maroc de sa décision de reconnaitre l’annexion marocaine du territoire sahraoui et de considérer le plan du Makhzen, appelée « autonomie » comme seule base pour parvenir à un règlement du conflit qui dure depuis 1975 entre Rabat et le Front Polisario.

Le soutien de la France à l’occupation et aux thèses marocaines n’était pas une surprise, mais annoncé ouvertement, cela a provoqué quelques remous diplomatiques, alors que le statut de la France, en tant que membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, lui dicte une approche moins tranchée.

C’était cela à l’origine de la crise entre Alger et Paris, dont d’autres secousses sont venues se greffer plus tard, comme les expulsions de ressortissants algériens ou l’affaire dite de Sansal, nouvellement naturalisé en France ou les attaques et les agressions verbales de l’extrême droite contre l’Algérie.

Or, mercredi dernier, le chef de la diplomatie française, attendu demain à Alger, a déclaré que la France reste attachée à une solution onusienne et qu’elle soutient les efforts de son envoyé spécial dans la Région, Steffan Di Mistura, actuellement en tournée dans la région.

Interrogé sur le dossier sahraoui, à la lumière des récents développements, Barrot a clarifié la vision française et sa position sur le plan « d’autonomie » d’il y a quelques mois. « Ce que nous avons dit vraiment, c’est qu’il n’y a pas aujourd’hui d’autre solution réaliste et crédible ». Cependant, la suite de ces propos est encore plus explicite : « Mais ceci doit désormais trouver une solution politique durable et mutuellement acceptable aux Nations-Unies et nous soutenons les efforts onusiens en vue de ce dialogue. »

Autrement dit, Paris appuie une solution onusienne, sachant que l’ONU considère, depuis les années soixante du siècle dernier, ce territoire comme non autonome et dont l’avenir doit être tranché par son peuple à travers un référendum d’autodétermination. Ce processus a été engagé depuis les accords de cessez le feu entre les deux belligérants (Maroc et Polisario) et la création d’un organe onusien chargé des préparatifs de ce référendum, la Minurso.

Mieux encore, Barrot dira que la position de la France sur le Sahara occidental s’inscrit dans le respect du droit international, appelant à une solution politique juste, durable et négociée conformément aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies.

Il a également exprimé le soutien de son pays aux efforts du Secrétaire général des Nations unies et de son envoyé personnel, M. Staffan de Mistura, pour trouver une issue à ce différend qui permette de poser les bases d’un processus d’intégration régionale renouvelé, favorisant la coopération, la stabilité et la prospérité au Maghreb, au bénéfice de toutes les parties.

Le chef de la diplomatie française a salué, en même temps, le rôle clé de la mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) pour la stabilité de la région et sa contribution « à créer les conditions nécessaires à la reprise du processus politique que nous appelons de nos vœux ».

S’agissant du respect des droits de l’Homme dans ce territoire occupé où les exactions et la répression contre les militants sahraouis sont quotidiennement dénoncées par les ONG, il a indiqué que cela « constitue une priorité de l’action diplomatique française, assurant que « la France continuera de suivre attentivement la situation au Sahara occidental et celles des populations concernées ».

Il est clair que ces nouveaux propos du chef de la diplomatie française sont moins engageants et tranchés que ceux exprimés l’été dernier par Macron, alors qu’il y a quelques semaines des personnalités politiques françaises, une ministre, certes d’origine marocaine, et un président du Sénat, ont effectué des visites « ostentatoires » au Sahara occidental, foulant au pied la légalité internationale.

Faut-il interpréter ces déclarations nuancées comme un effet de rapprochement ou de dégel de la crise entre l’Algérie et la France, au lendemain de l’entretien téléphonique entre les présidents Abdelmadjid Tebboune et Emmanuel Macron ? Ou est ce juste une légère levée des équivoques avec l’Algérie, à la veille d’une visite de Barrot à Alger, venu pour rétablir le dialogue et établir une feuille de route?

 

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