Witkoff reporte sa tournée au Moyen-Orient, ayant mieux à faire en Ukraine

Selon des sources concordantes, Israël serait d’accord pour libérer les centaines de prisonniers palestiniens qui auraient dû l’être déjà lors du dernier échange, une violation de l’accord qui de sa part n’est pas la première, et qui probablement n’est pas la dernière. Dans peu de temps, donc, ces Palestiniens sortiront des geôles israéliennes, où pour […]

Fév 26, 2025 - 20:12
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Witkoff reporte sa tournée au Moyen-Orient, ayant mieux à faire en Ukraine

Selon des sources concordantes, Israël serait d’accord pour libérer les centaines de prisonniers palestiniens qui auraient dû l’être déjà lors du dernier échange, une violation de l’accord qui de sa part n’est pas la première, et qui probablement n’est pas la dernière. Dans peu de temps, donc, ces Palestiniens sortiront des geôles israéliennes, où pour beaucoup d’entre eux ils croupissent depuis de fort longues années, non pas parce que leur contrepartie, les quatre otages israéliens libérés dernièrement, a quant à elle était acquittée, mais en échange de quatre autres Israéliens morts, ce qui alors mettra fin à la première phase d’un accord qui au moment où il se concluait en comportait trois. On comptait sur la force de persuasion des Américains, représentés par Steve Witkoff, l’émissaire de Donald Trump pour le Moyen-Orient, pour obliger le gouvernement Netanyahou à revenir à la lettre de l’accord, et par la même relancer celui-ci, mais voilà qu’on apprend que Witkoff remet à plus tard sa tournée, qu’il devait entamer hier, de surcroît sans aucune indication sur la durée du report.

Depuis le Bureau ovale, transformé par lui en tribune, Trump a déclaré s’en remettre à Netanyahou pour les questions touchant le Moyen-Orient, d’autant plus volontiers, a-t-il expliqué, que ce dernier était maintenant sur de bons rails, grâce à Israël bien sûr, mais aussi à d’autres pays de la région, dont au premier chef l’Arabie saoudite. Israël a reporté les dernières libérations de prisonniers palestiniens soi-disant pour forcer le Hamas à cesser le spectacle de propagande, auquel il se livrerait à chaque échange de prisonniers. La réalité, c’est qu’il est à l’affût du moindre prétexte pour remettre en cause l’accord lui-même, dans sa lettre aussi bien que dans son esprit. Ce qu’il veut, c’est hâter la mise en œuvre de cet accord, récupérer ce faisant tous les otages, les vivants comme les morts, et revenir à la guerre, dans le but d’en finir une bonne fois pour toutes avec le Hamas, comme d’ailleurs avec les autres groupes de résistance. Cela implique qu’il n’y ait qu’une seule phase de l’accord, qu’il s’agirait alors de prolonger jusqu’à l’échange du dernier prisonnier. Par conséquent, pas de phase deux, et partant pas de phase trois non plus. La phase deux, dont Israël entend maintenant se passer, est celle de l’instauration de la paix, de sa signature par les belligérants avec la garantie des intermédiaires. La phase trois est dans son essence celle de la reconstruction de Ghaza. Les négociations indirectes n’auraient pas abouti s’il ne s’était agi que de s’entendre sur les modalités relatives à l’échange de prisonniers, et si le gouvernement Netanyahou était laissé libre de procéder comme bon lui semblait. En d’autres termes, si sa marge de manœuvre était la même que celle que les Américains lui concèdent aujourd’hui. On sait que sa latitude est maintenant plus grande, en particulier sur la foi du report de la tournée pourtant déjà programmée de l’émissaire américain. Witkoff serait aujourd’hui en Israël, en train de faire pression sur Netanyahou, ou plus exactement de lui dicter sa conduite, si l’accord était réellement en grand danger de rupture. Mais comme il ne l’est pas, et que les intermédiaires arabes sont capables à eux seuls de le relancer si jamais survient un accroc, comme c’est le cas aujourd’hui, Witkoff peut vaquer à des affaires plus importantes, ou plus juteuses, comme la paix en Ukraine et le deal sur les terres rares et autres minéraux critiques.