« Bêtise rare » et « faute historique »: la gauche française fustige l’activisme diplomatique de Retailleau avec l’Algérie

La gauche française s’oppose fermement à l’activisme diplomatique de Bruno Retailleau, accusant le ministre de l’Intérieur de surintervenir dans les relations avec l’Algérie et de commettre une «faute historique». Les élus de gauche appellent à un retour à la diplomatie classique, critiquant l’approche jugée «matamore» et déconnectée des réalités contemporaines.Lors d’une intervention sur BFMTV ce […]

Fév 26, 2025 - 14:22
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« Bêtise rare » et « faute historique »: la gauche française fustige l’activisme diplomatique de Retailleau avec l’Algérie



La gauche française s’oppose fermement à l’activisme diplomatique de Bruno Retailleau, accusant le ministre de l’Intérieur de surintervenir dans les relations avec l’Algérie et de commettre une «faute historique». Les élus de gauche appellent à un retour à la diplomatie classique, critiquant l’approche jugée «matamore» et déconnectée des réalités contemporaines.
Lors d’une intervention sur BFMTV ce mercredi, le député Insoumis Éric Coquerel a qualifié cette approche de « bêtise rare » et de « faute historique ». Il a notamment critiqué la mise en place de restrictions d’accès visant des dignitaires algériens, soulignant qu’ « il ne se rend pas compte que la colonisation, c’est fini,  c’était du temps des colonies. Que monsieur Retailleau se calme». « Ce n’est plus le ministre de l’Intérieur français qui gère les relations avec l’Algérie », s’est indigné Éric Coquerel sur BFMTV, qui accuse le premier flic de France d’être dans un «rapport de matamore (…) avec une espèce de fond raciste». Il a également exprimé sa préoccupation pour la communauté franco-algérienne, estimant qu’il est « hallucinant » que des mesures aussi drastiques soient prises sans prendre en compte les six millions de Français ayant des liens familiaux avec l’Algérie. «Est-ce qu’on pense à nos six millions de concitoyens qui, d’une manière ou d’une autre, ont une filiation avec l’Algérie ?», interroge le président de la commission des finances. Les critiques ne se sont pas limitées à Coquerel. Fabien Roussel, le leader du Parti Communiste, a lui aussi dénoncé l’intervention de Retailleau dans ce dossier sensible. « Ce n’est pas en punissant le peuple algérien que la situation s’arrangera, mais en établissant un rapport de force juste et respectueux sur le plan diplomatique », a affirmé Roussel. Selon lui, l’enjeu est moins de sanctionner que de renforcer la position de la France dans ses relations avec l’Algérie. Il a également souligné que « c’est à la diplomatie française, et non au ministre de l’Intérieur, de mener cette politique », appelant Retailleau à « laisser faire » le ministre des Affaires étrangères. Ce n’est pas la première fois que Bruno Retailleau est pris pour cible sur sa gestion des dossiers diplomatiques. Plusieurs voix au sein de l’opposition critiquent la manière dont il occupe simultanément les fonctions de ministre de l’Intérieur et de «ministre des Affaires étrangères», bien qu’il ne dispose pas officiellement de ce titre. À gauche, on déplore une confusion des rôles et un affaiblissement du rôle traditionnel de la diplomatie dans les affaires internationales.
Meriem B.