Le Roi Mohammed VI interdit à son peuple de sacrifier les moutons durant l’Aïd El Adha

Le Maroc, un pays profondément ancré dans la tradition musulmane, fait face à une situation particulièrement tendue à l’approche de la fête de l’Aïd Al-Adha, l’une des fêtes religieuses les plus importantes de l’islam. Le 26 février 2025, le roi Mohammed VI a fait une annonce qui a choqué le marocain. Dans un discours diffusé […]

Fév 27, 2025 - 12:54
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Le Roi Mohammed VI interdit à son peuple de sacrifier les moutons durant l’Aïd El Adha

Le Maroc, un pays profondément ancré dans la tradition musulmane, fait face à une situation particulièrement tendue à l’approche de la fête de l’Aïd Al-Adha, l’une des fêtes religieuses les plus importantes de l’islam.

Le 26 février 2025, le roi Mohammed VI a fait une annonce qui a choqué le marocain. Dans un discours diffusé à la télévision publique et lu par le ministre des affaires religieuses, il a demandé à la population « de ne pas sacrifier le mouton, en raison d’une baisse significative du cheptel causée par une sécheresse sévère affectant le pays ».

Le roi a expliqué que cette décision était motivée par des défis climatiques et économiques, soulignant que la sécheresse avait gravement affecté l’élevage du bétail, entraînant une diminution substantielle du cheptel national.

Bien que cette annonce soit compréhensible sur le plan économique et écologique, elle a choqué et perturbé une grande partie de la population, qui voit dans l’Aïd Al-Adha une tradition religieuse et culturelle essentielle. La fête, marquée par le sacrifice du mouton, symbolise le sacrifice et la dévotion à Dieu, et est vécue comme un événement communautaire majeur dans tout le royaume.

Un appel choquant et difficile à accepter pour de nombreux Marocains

Cette demande du roi a laissé le marocain perplexe et en colère. Les critiques fusent sur les réseaux sociaux et dans les rues du pays, où une majorité de citoyens expriment leur incompréhension et leur indignation. Nombreux sont ceux qui voient dans cet appel une décision irréfléchie et malvenue, qui semble ignorer les réalités sociales et religieuses du pays.

Le terme « commandeur des croyants », que l’on attribue habituellement au roi du Maroc, semble désormais un peu décalé pour de nombreux citoyens. Cette appellation, censée témoigner du respect des valeurs religieuses, entre en contradiction avec cette demande perçue comme un manque de considération pour les croyances populaires et les traditions séculaires.

Pour beaucoup, il est difficile de comprendre pourquoi une telle décision vient d’un monarque qui, en temps normal, incarne la stabilité et la continuité des traditions religieuses.

La réaction du peuple est rapide et virulente. Nombreux sont ceux qui dénoncent l’hypocrisie de cette demande, arguant que si la situation économique du pays est difficile, elle l’est d’abord pour les plus vulnérables qui sont directement affectés par l’inflation et la hausse des prix.

Le prix de la viande rouge a explosé ces derniers mois, atteignant environ 11 à 12 euros le kilo à Casablanca, soit un coût bien trop élevé pour de nombreuses familles marocaines, dont le salaire minimum est d’environ 290 euros mensuels.

Une crise alimentaire et sociale

Le Maroc traverse actuellement une crise économique et sociale aiguë, et sans précèdent exacerbée par les effets de la sécheresse et une inflation galopante. Le Roi milliardaire qui ne souffre pas de cette situation, une grande partie du peuple marocain trouve des difficultés à joindre les deux bouts, avec des prix des produits alimentaires de base qui s’envolent. Le sacrifice du mouton, traditionnellement offert pendant l’Aïd, représente pour beaucoup un acte de solidarité et de partage avec les proches et les moins privilégiés. Pour ces familles, l’Aïd n’est pas seulement un événement religieux, mais également une occasion de renforcer les liens sociaux et de manifester leur générosité, malgré leurs propres difficultés.

Cette décision du roi d’interdire à la population de renoncer à ce sacrifice traditionnel pourrait donc être perçue comme une insensibilité face aux réalités de ceux qui dépendent de cette fête pour marquer le début d’un nouveau cycle de solidarité sociale.

Les interrogations sur la gestion de la crise

L’appel à ne pas sacrifier le mouton soulève également des interrogations sur la gestion de cette crise par les autorités marocaines. Pourquoi les mesures prises pour limiter les impacts de la sécheresse n’ont-elles pas permis de mieux soutenir les éleveurs et de garantir l’approvisionnement en bétail pour l’Aïd ?

De nombreux Marocains se demandent pourquoi des alternatives n’ont pas été mises en place, comme l’introduction d’aides directes aux populations les plus vulnérables ou la régulation des prix de la viande pour les rendre plus accessibles.

D’autres estiment que l’État marocain devrait davantage investir dans des solutions durables pour soutenir l’agriculture et l’élevage, tout en prenant en compte les défis environnementaux croissants. L’Algérie, son voisin, par exemple, a récemment annoncé des initiatives pour augmenter la production de la viande locale face aux crises alimentaires mondiales. L’Algérie qui a toujours soutenu les éleveurs a mis en place de nombreuses mesures pour renforcer l’élevage des cheptels.

Un avenir incertain pour la fête de l’Aïd au Maroc

Alors que la sécheresse et l’inflation frappent de plein fouet l’économie marocaine, cet appel du roi Mohammed VI ne fait que souligner les difficultés sociales croissantes qui affectent une large portion de la population. Le peuple marocain qui se noie dans la pauvreté semble déstabilisé par cette décision irréfléchie, qui touche à l’essence même de ses traditions et à l’expression de sa foi. En définitive, cet appel, pourrait bien laisser des traces dans les esprits.