Restrictions sur les visas par la France: L’Algérie n’exclut pas des mesures réciproques et immédiates

Dans un geste qui trahit l’esprit des engagements bilatéraux, le gouvernement français impose des restrictions de circulation aux ressortissants algériens détenant des documents de voyage spéciaux. Cette mesure, loin d’être une simple formalité administrative, s’inscrit dans une stratégie politique déstabilisante, où l’intimidation et la provocation se substituent au dialogue. Face à ces manœuvres inacceptables, l’Algérie […]

Fév 26, 2025 - 20:25
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Restrictions sur les visas par la France: L’Algérie n’exclut pas des mesures réciproques et immédiates

Dans un geste qui trahit l’esprit des engagements bilatéraux, le gouvernement français impose des restrictions de circulation aux ressortissants algériens détenant des documents de voyage spéciaux. Cette mesure, loin d’être une simple formalité administrative, s’inscrit dans une stratégie politique déstabilisante, où l’intimidation et la provocation se substituent au dialogue. Face à ces manœuvres inacceptables, l’Algérie réaffirme sa détermination à défendre ses intérêts et à dénoncer une dérive qui compromet la confiance mutuelle entre les deux nations. Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, a annoncé mardi soir la prise de «mesures de restriction de circulation et d’accès au territoire national pour certains dignitaires algériens». L’Algérie a exprimé sa surprise et son étonnement face à des mesures de restriction de circulation et d’accès au territoire français prises par le gouvernement français à l’encontre de ressortissants algériens titulaires de documents de voyage spéciaux les exemptant de formalités de visas, a indique, hier, un communiqué du ministère des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines. «Le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères a fait état de mesures de restriction de circulation et d’accès au territoire français prises à l’encontre de ressortissants algériens titulaires de documents de voyage spéciaux les exemptant de formalités de visas», lit-on dans le communiqué. «Le gouvernement algérien exprime sa surprise et son étonnement quant à cette annonce dont il n’a été aucunement informé comme le commandent les dispositions de l’article 8 de l’accord algéro-français en matière d’exemption réciproque de visas pour les détenteurs de passeports diplomatiques ou de service», ajoute la même source, précisant que les autorités algériennes «n’ont aucune connaissance de pareilles mesures restrictives à l’exception de deux cas précis intervenus sur la période récente». «Le premier cas, sur demande d’explications algérienne, a fait l’objet d’expression de regrets de la part des autorités françaises et a été qualifié d’incident malheureux dû à une rupture dans la chaîne de commandement. Le deuxième cas intervenu très récemment fait l’objet actuellement d’une même demande d’explications adressée aux autorités françaises», souligne également le texte du ministère. L’annonce de ces mesures dont l’Etat algérien «n’a pas été informé, s’inscrit dans la longue liste des provocations, des intimidations et des menaces dirigées contre l’Algérie. Celles-ci sont de nul effet sur notre pays qui n’y cèdera pas. Toute mesure attentatoire à ses intérêts fera l’objet de mesures réciproques, strictes et immédiates». «L’Algérie est manifestement devenue l’enjeu de querelles politiques intra françaises où tous les coups bas politiciens sont permis dans le cadre d’une compétition, dont l’extrême droite est l’instigateur, le référant et le donneur d’ordres. Cette dynamique qui entraîne dans son sillage, non seulement des forces politiques françaises, mais également des membres du gouvernement français, peut avoir des conséquences incalculables sur la relation algéro-françaises dans toutes ses dimensions», conclut le communiqué.

La gauche fustige l’activisme diplomatique de Retailleau avec l’Algérie
La gauche française s’oppose fermement à l’activisme diplomatique de Bruno Retailleau, accusant le ministre de l’Intérieur de surintervenir dans les relations avec l’Algérie et de commettre une «faute historique». Les élus de gauche appellent à un retour à la diplomatie classique, critiquant l’approche jugée «matamore» et déconnectée des réalités contemporaines. Lors d’une intervention sur BFMTV hier, le député Insoumis Éric Coquerel a qualifié cette approche de «bêtise rare» et de «faute historique». Il a notamment critiqué la mise en place de restrictions d’accès visant des dignitaires algériens, soulignant qu’«il ne se rend pas compte que la colonisation, c’est fini, c’était du temps des colonies. Que monsieur Retailleau se calme». «Ce n’est plus le ministre de l’Intérieur français qui gère les relations avec l’Algérie», s’est indigné Éric Coquerel sur BFMTV, qui accuse le premier flic de France d’être dans un «rapport de matamore (…) avec une espèce de fond raciste». Il a également exprimé sa préoccupation pour la communauté franco-algérienne, estimant qu’il est «hallucinant» que des mesures aussi drastiques soient prises sans prendre en compte les six millions de Français ayant des liens familiaux avec l’Algérie. «Est-ce qu’on pense à nos six millions de concitoyens qui, d’une manière ou d’une autre, ont une filiation avec l’Algérie ?», interroge le président de la Commission des finances. Les critiques ne se sont pas limitées à Coquerel. Fabien Roussel, le leader du Parti communiste, a lui aussi dénoncé l’intervention de Retailleau dans ce dossier sensible. «Ce n’est pas en punissant le peuple algérien que la situation s’arrangera, mais en établissant un rapport de force juste et respectueux sur le plan diplomatique», a affirmé Roussel. Selon lui, l’enjeu est moins de sanctionner que de renforcer la position de la France dans ses relations avec l’Algérie. Il a également souligné que «c’est à la diplomatie française, et non au ministre de l’Intérieur de mener cette politique», appelant Retailleau à «laisser faire» le ministre des Affaires étrangères. Ce n’est pas la première fois que Bruno Retailleau est remis en place sur sa gestion des dossiers diplomatiques. Plusieurs voix au sein de l’opposition critiquent la manière dont il occupe simultanément les fonctions de ministre de l’Intérieur et de «ministre des Affaires étrangères», bien qu’il ne dispose pas officiellement de ce titre. À gauche, on déplore une confusion des rôles et un affaiblissement du rôle traditionnel de la diplomatie dans les affaires internationales.
Meriem B.